La Traduction au-delà des mots et des non-dits

La traduction au-delà des mots.  Résumé de la conférence

J’ai donné cette conférence sur la traduction en octobre 2001 à la Librairie La Galerne au Havre (France) en collaboration avec l’université du Havre, à l’occasion de la Semaine Européenne des Langues.
Je pense que ce texte reste d‘actualité, bien qu’il date d’une dizaine d’années maintenant. Je l’ai actualisé à plusieurs reprises afin de tenir compte des évolutions récentes.

Cette conférence évoque les changements qui sont survenus dans le temps et qui ont modifié notre façon de traduire ainsi que l’importance de prendre en compte la dimension culturelle dans le processus de traduction.

Elle traite aussi de la responsabilité du traducteur et de son implication vis à vis du texte source qui doit être traduit.

Dans quelle mesure le traducteur qui a perçu un non-dit (ou non-exprimé) est-il autorisé à accompagner l’auteur pour l’aider à exprimer ce qu’il n’a pas clairement dit dans son message, afin que le sens et la volonté de communication initiale soient entièrement respectés et favorisés ?

Patrick Lemarié

La traduction au-delà des mots

La traduction au-delà des mots

Le métier de traducteur est encore peu connu du grand public bien que son rôle tende à prendre de plus en plus d’importance dans un contexte international.

Ce métier a considérablement évolué si l’on considère quelques repères emblématiques de cette profession :

Notre Patron Saint Jérôme qui naquit en l’an 347 à Stridon en Dalmatie et qui traduisit La Bible en latin aidé par des nonnes.

Saint Jérôme patron des traducteurs

Le traducteur phtisique décrit par Zola dans son roman L’Argent, alité et recopiant à la plume d’oie une traduction faite pour l’homme d’affaires Saccard, intellectuel plus soucieux de poursuivre ses recherches personnelles et traduire le Capital de Karl Marx, que de pourvoir à ses propres besoins financiers.

Et enfin le traducteur du 21ème siècle traduisant grâce à son ordinateur et aux banques de données terminologiques accessibles sur Internet.

L’activité de base et l’objectif bien sûr restent les mêmes, résoudre l’incommunicabilité. Faire que des personnes appartenant à des cultures et parlant des langues différentes se comprennent.

Le traducteur a une mission délicate et un peu en retrait de l’auteur qu’il sert, s’il ne veut pas être accusé d’être un traître selon l’adage bien connu (traductor trahidor).

Traduire sans interpréter telle est la mission du traducteur. Cependant, la question est de savoir s’il faut toujours se conformer à l’original et se contenter de traduire ce que l’auteur a exprimé ou a cru exprimer, ou s’il n’est pas judicieux quelque fois, après avoir pressenti que le texte source comme nous l’appelons entre spécialistes n’est à priori pas le reflet de ce qu’a voulu exprimer l’auteur, d’apporter les modifications nécessaires pour servir le sens.
Il est souhaitable cependant que ces modifications se fassent avec l’accord de l’auteur.

Bien sûr, je parle ici de mon expérience de traducteur technique, il ne s’agit pas de prétendre corriger des auteurs célèbres en prétendant que leur prose n’est pas le reflet de leur pensée, et pourtant dans toute acte d’écriture il y a une part d’inconscient qui s’exprime et tout comme un orateur peut faire des lapsus pourquoi le texte écrit ne contiendrait-il pas non plus des actes ou des mots manqués.

Le bon traducteur à mon avis doit savoir discerner les incohérences dans le texte écrit et vérifier auprès de l’auteur si celui-ci a exprimé par les mots qu’il a choisis le fond de sa pensée.

Il serait aisé de rétorquer que le traducteur n’a pas à intervenir sur le contenu de l’auteur et que c’est bien la responsabilité de l’auteur de s’assurer que son texte est conforme à ce qu’il a voulu exprimer.

A mon avis il n’y a pas là délit d’ingérence car l’objectif premier du traducteur est de résoudre l’incommunicabilité, s’affranchir du châtiment divin de la Tour de Babel. Pour accomplir sa mission tous les moyens efficaces sont bons. Le traducteur par le recul et l’objectivité qu’il peut avoir par rapport à l’auteur est dans certains cas mieux placé pour relever des incohérences ou des imprécisions qui pourraient dénaturer le message qui devait être exprimé.

Le dialogue auteur/traducteur est de toutes façons indispensable et ce pour multiples raisons :
Certains concepts n’existent pas dans la langue et dans la culture cible, il est donc souvent nécessaire soit de reformuler ou d’être descriptif ou d’expliciter une notion inconnue dans la langue d’arrivée.

Ceci nous amène tout naturellement à considérer que la traduction ce n’est pas qu’une affaire de mots ou plutôt cela consiste à aller au-delà des mots et pour bien comprendre cet exercice délicat il est bon de préciser deux positions adoptées dans la profession :
Les sourciers (ce qui n’a rien à voir avec les personnes cherchant de l’eau !!) qui restent très près du texte original, du texte source et les ciblistes qui s’attachent davantage au texte de destination, le texte cible ce qui sera finalement restitué à l’utilisateur.

Je pense que l’on ne traduit pas le signifiant ni même le signifié, mais seulement le sens, que l’on ne traduit pas la langue mais la parole, le discours, le message de l’auteur, en d’autres termes notre objectif n’est pas de rester rivé à la langue source mais de mobiliser les moyens propres à la langue cible.

C’est ce que Cicéron affirmait déjà en distinguant ceux qui traduisent comme de simples interprètes, de purs et simples traducteurs dans la formule péjorative de Cicéron « ut interpres » opposés à ceux qui traduisent « ut orator ».
C’est pour cela que la tendance « littéraliste » est difficilement acceptable.
Quand on prend l’exemple de l’expression « trente-six chandelles » ce n’est plus de numérique qu’il s’agit mais de linguistique et il faudra traduire non pas par « thirty six candles » mais par une recherche d’équivalents par « to see stars par exemple », ne trouvez-vous pas que voir des étoiles c’est tout aussi poétique que voir trente-six chandelles !!!

Privilégier la langue source, le texte source ce serait en quelque sorte faire de la traduction un exercice de transcodage, c’est bien ce que certains informaticiens ont tenté de faire et tentent encore de faire en élaborant des logiciels de traduction automatique avec les résultats que l’on connaît.
Cela fonctionne assez bien pour des bulletins météorologiques dont la syntaxe est simplifiée à l’extrême « temps nuageux le matin avec nette amélioration l’après-midi » mais pas pour la majorité des autres cas.

Le travail du traducteur consiste en fait à inventer des équivalences à réexprimer.
Les sourciers mettent l’accent sur le signifiant comme si dans le signifiant, dans la forme même du mot était enfermé le sens qu’il y avait lieu de garder au plus près. Or l’on passe d’une langue à l’autre ce qui implique une redistribution des éléments. La question est donc qu’est-ce que j’accepte de perdre ?

Quand dans une traduction nous avons à traduire quelque chose qui pose problème, un mot, une allusion, une citation, une référence culturelle il est rare d’avoir systématiquement un équivalent à notre disposition. Il arrive très souvent que nous n’avons pas d’équivalent direct à notre disposition dans la langue cible, dans la langue culture cible de ce que nous prétendons traduire à partir de la langue culture source. C’est là que commence l’hésitation entre sur-traduire et sous-traduire, en d’autres termes « si c’est important, alors je mets le paquet ! Tant pis ce détail va prendre une importance qu’il n’aurait pas dans le texte original, ou bien je vais sous-traduire, ce n’est pas important, c’est juste un élément qui permet à l’auteur d’exprimer ce qu’il a à dire, ce n’est pas l’essentiel de son message et donc je vais sous-traduire. Il est vrai que cette façon de faire, ce discours sur la traduction pourrait choquer certaines personnes habituées à l’image du traducteur dans l’ombre de l’auteur attaché à sa tâche servile, restituant à partir de la trame de l’auteur constituée par le texte source une copie fidèle de l’original. Un traducteur n’est pas un peintre copiste, ni un faussaire d’ailleurs. Cependant, j’affirme que certains traducteurs ont tout comme certains peintres faussaires qui peignent mieux que des peintres connus, le talent de mieux restituer dans la langue cible ce qui a été exprimé par l’auteur dans le texte et la langue source.

Pour prendre un autre exemple et illustrer mon propos précédent, dans le texte de Freud « Die Angst vor dem Pferd » La peur de, l’angoisse devant le cheval ou la peur du cheval ?

(Faire le Deuil de la Langue)
L’exemple précédent de Freud est une bonne transition à ce que je vais aborder maintenant, le deuil de la langue et/ou le principe de castration
Les sourciers privilégient la langue or ce que nous savons nous, c’est que traduire c’est par définition faire le deuil de la langue.

Traduire c’est abandonner la langue source, à regret.
Tout travail de traduction est un travail d’ascèse par lequel il faut assumer la perte c’est à dire l’a-finitude, le non fini. Traduire c’est aussi assumer cette part de renoncement.
Il est possible cependant de rester très proche du texte pour des raisons littéraires ou comiques comme dans Astérix chez les Bretons en vente dans toutes les bonnes librairies **, « Il fait beau, ne fait-il pas ? » pour faire allusion à l’anglais et pour faire sourire. Toutes les personnes qui ont étudié l’anglais savent bien que l’on ne traduit pas les tags et que l’on restitue partiellement l’effet par « n’est-ce pas ».
Les anglais disent « it is raining cats and dogs », il est très drôle de dire « il pleut des chats et des chiens » pour changer de « il pleut des cordes », cependant je ne suis pas persuadé que cela ferait rire les anglais si nous traduisions littéralement par « it is raining ropes », « il pleut des cordes », là encore l’humour est perçu différemment d’une culture à l’autre, nous n’avons pas plus ou moins d’humour que les anglais, nous avons tout simplement une perception différente de l’humour. Cependant il ne s’agit pas là de traduction mais de translitération ou de transcription.

Il faut accepter de faire son deuil de la langue source, même si l’on pense pouvoir en conserver quelque chose. Henri Meschonnic, dans sa traduction de la Bible, traduit le nom de Dieu par l’hébreu « Adonaï », tous les équivalents, l’Eternel etc. ne lui plaisent pas. Dieu cela christianise, l’Eternel cela héllénise comme si le mot hébreu Adonaï allait de pair avec une sorte de parodie du signifiant. Annick de Souzenelle, dans L’Egypte intérieure ou les dix plaies de l’âme » (Albin Michel), illustre parfaitement la difficulté de restituer dans une traduction, le sens initial exprimé en hébreu avec tous les dangers d’interprétations possibles quand le lecteur n’est pas guidé par un spécialiste de la langue source qui a servi à traduire le texte initial.

En fait ne serait-ce point le terme lui-même de traduction qui n’est pas approprié ou plus approprié, d’ailleurs ne parle-t-on pas de localisation dans le domaine de la traduction de logiciels de l’anglais vers le français par exemple en les adaptant au pays cible aux utilisateurs français.

Pour résumer jusqu’ici les points importants de cet exposé :

–  la traduction n’est pas un transcodage
– les sourciers ont tort de s’attacher au seul signifiant
– les sourciers ont tort de s’attacher à la langue
– les sourciers ont tort de s’enfermer dans la langue source

Il existe également un autre procédé très utile en traduction qui est Le concept de Dissimilation et non pas dissimulation (le traducteur n’est pas toujours un traître !!!).

Pour faire un parallèle avec l’assimilation qui consiste par exemple à dire j’sais pas plutôt que je ne sais pas par effet de contraction ou d’assimilation, il y a une attirance du « j » par le « s ». C’est une assimilation, principe par lequel les mots, les sons se rapprochent en phonétique. On pourrait aussi dire que c’est la tendance du moindre effort mais qui peut aussi parfois s’inverser quand les sons sont trop proches comme dans « les chaussettes de l’archiduchesse » ou le chasseur sachant chasser sans son chien », on cherche à dissimiler. Au lieu de faire se rapprocher les sons et les rendre indiscernables, on cherche à les séparer. Pour donner quelques exemples de ce procédé :

Un couloir était initialement un  courroir , que l’on retrouve d’ailleurs dans corridor. Un pèlerin était un pérégrin, que l’on retrouve en espagnol avec peregrino. Il est intéressant de noter que les espagnols ont conservé ce mot sans modification, il est vrai que le « r » en espagnol est plus coulé plus roulé qu’en français où le « R » vient davantage faire obstacle à la fluidité de la prononciation du mot. Par dissimilation il s’agit de prendre appui sur le signifiant de la langue source, prendre appui pour s’en écarter. Plus je m’en écarte et mieux je l’exprime.
C’est aussi l’idée qu’une traduction devrait toujours s’éloigner de l’original en prenant appui sur l’original.

On ne traduit pas le signifiant ni même le signifié, c’est à dire le sens linguistique mais le sens du message, le sens de la parole. On traduit le sens.

On ne traduit pas ce qui est écrit mais ce que l’on pense, autrement dit ce qu’a pu penser celui qui a écrit et ce qu’il a écrit quand il l’a écrit. On traduit donc le sens et les effets. Il y a par exemple des effets de rythme en poésie qui sont propres à la langue source et qui sont difficiles à restituer ou à transposer dans la langue cible, ou alors on cède à un certain mimétisme et l’on introduit quelque chose qui n’existe pas dans la langue cible. La créativité du traducteur a dans ce domaine des limites et là encore pour faire un clin d’oeil à la psychanalyse il est nécessaire d’avoir fait le deuil d’un certain narcissisme pour savoir ce que l’on peut faire et ne peut pas faire. Tout n’est pas possible en matière de traduction, le traducteur n’est pas un magicien !! même si parfois il gagnerait à être alchimiste pour effectuer la transmutation des mots en sens.

Ce que l’on va restituer ce sont donc des effets de sens, des effets stylistiques, des effets rhétoriques, des effets littéraires, des effets poétiques ou même des effets comiques.
Il s’agit ici d’un concept esthétique et non d’un concept physique au sens d’un effet mesurable dans une relation de cause à effet.

Traduire des auteurs tels que Kant ou Shakespeare n’est pas non plus une tâche facile et permet de souligner ici encore l’importance de la dualité sourcier/cibliste
Les traducteurs actuels du philosophe Kant ont souvent recours au procédé de sous-traduction pour contourner la lourdeur du texte source et sur-traduire la solidité conceptuelle de son propos.

Pour insister encore sur le fait que les traducteurs ciblistes sont des gens sérieux et ne traduisent pas le signifiant mais le sens, les effets, pas la langue mais la parole, ne restent pas rivés à la langue source mais mobilisent les ressources propres à la langue cible, prenons Shakespeare et son « To be or not to be, that is the question » dans Hamlet
« Etre ou ne pas être » la traduction est acceptable, après c’est plus délicat « c’est la question », « telle est la question », j’avoue que cela ne me satisfait pas outre mesure et que je me félicite de ne pas devoir être confronté à ce type de dilemme dans l’exercice quotidien de mon art.

Un traducteur Gérald de Ropitaille avait proposé pour « To be or not to be » « Vivre ou mourir », bien sûr vous pourriez rétorquer que l’on est bien loin « d’être ou ne pas être » et pourtant que vit et que dit Hamlet en réalité dans la pièce, « vivre ou mourir ». Cela voudrait-il dire que le traducteur a mieux exprimé dans sa traduction ce que l’auteur a écrit et je dis bien écrit et non pas exprimé. Sans doute que Shakespeare avait bien exprimé le sens de « vivre ou mourir » mais que le choix des mots était insuffisant pour exprimer toute la profondeur de l’œuvre.

Cela voudrait-il dire que les traductions sont quelquefois meilleures que l’original ?
Plus modestement que la traduction de Shakespeare,
j’ai à plusieurs reprises dû traduire en anglais pour une société industrielle des rapports d’intervention rédigés par des techniciens français intervenant sur les sites à l’étranger. Ces rapports étaient destinés à la filiale américaine. Le style, la syntaxe et le choix du vocabulaire étant considérablement épurés il m’arrivait souvent de téléphoner à l’intéressé pour obtenir des précisions sur le contenu, la signification de ce qu’avait voulu exprimer l’auteur. Bien souvent la traduction était plus précise que l’original et les cadres de cette société utilisaient la traduction, la version anglaise donc, lors de leur réunion en France. Pourtant le texte original n’avait pas été dénaturé dans la mesure où j’avais effectué en accord avec l’auteur un travail d’approfondissement pour restituer tout le sens que l’auteur désirait exprimer, et qu’il n’avait pu exprimer complètement par des insuffisances langagières. La mission du traducteur est de faciliter la communication d’aider à extraire le sens. De distiller le sens.

Cet exemple démontre aussi que le traducteur peut aussi être co-auteur et ré-écrivain et surtout pas « rewriter ».
Mon autre activité qui est celle d’enseignant en traduction à l’Université du Havre m’a permis de comprendre mes étudiants face à leur crainte de prendre du recul par rapport au texte et abandonner à regret la position « sécurisante » du sourcier. Pourtant le fait de prendre du recul et ne plus considérer le texte source comme un sacro-saint écrit qu’il ne faut surtout pas altérer permet de grandir et d’évoluer vers plus de liberté et de créativité que la position frileuse de repli dans la sphère du connu. Traduire c’est aussi à mon avis être adulte et savoir se détacher des choses, pour faire un parallèle avec la psychologie, savoir se détacher des mots, ne pas s’identifier mais adopter une attitude d’observateur pour retirer l’essentiel, extraire l’essence du discours.

En situation d’interprétation ou de traduction orale si vous préférez, profession que j’exerce également, le texte écrit disparaît bien sûr et seul restent les clients qui s’expriment oralement avec cependant des indications supplémentaires absentes d’un texte écrit, je veux parler des méta-signes de communication ou encore de méta-communication. Pour qui est attentif l’orateur s’exprime avec autre chose que des mots, il y a les silences, les soupirs les haussements d’épaules, les oui prononcés en faisant non de la tête, l’attitude physique générale du client etc. On ne communique pas seulement avec et par des mots mais bien aussi par une multitude de manifestations plus ou moins claires pour l’interprète ou pour le non-initié. C’est pourquoi il est important à mon avis d’être en empathie avec son client.

L’avantage de la traduction orale par rapport à la traduction écrite est la possibilité de vérifier immédiatement auprès du client qu’il a effectivement bien exprimé ce que l’on a cru comprendre ou ce que l’on a perçu.
La qualité de l’interprète, qui est d’abord un traducteur, ne l’oublions pas, est d’être à l’écoute de son client, être attentif. Cette attitude n’est pas absente non plus en traduction écrite puisque le traducteur qui a perçu des ambiguïtés dans le texte à traduire a en fait, fait preuve d’attention soutenue.

Il existe aussi une autre forme de communication qui utilise des symboles et qui est présente par exemple dans les lieux publics et pour signifier un danger, un risque, une interdiction, une mise en garde dans le but de transmettre un message sans équivoque. Il s’agit par exemple du pictogramme représentant une main en défense pour exprimer qu’il ne faut pas pénétrer dans un endroit. Il y a aussi la cigarette barrée d’un trait rouge pour indiquer l’interdiction de fumer. Ici il n’y a pas d’incompréhension possible ni d’interprétations divergentes, le message exprimé est clair et s’adresse à des cultures différentes.

Pour conclure j’aimerais citer Saint Thomas d’Aquin, mais vous faire grâce de la version latine, en vous donnant une traduction à mon avis tout à fait acceptable, « Quoi que ce soit qui est reçu, est reçu sur le mode du recevant ». Autrement dit, on peut faire le meilleur texte qui soit, il n’a de sens que pour autant qu’il soit compris par quelqu’un. Wordsworth disait, dans le domaine esthétique, dans une formule comparable « Beauty is in the eye of the beholder » « La beauté est dans les yeux de celui qui regarde » Effectivement, qu’en est-il de la beauté plastique pour un aveugle … du charme d’une voix pour un sourd … Je pense que ce n’est qu’à travers le miroir et la réfraction de nos insuffisances que nous pouvons appréhender les perfections de ce monde. Une autre citation latine aussi mais traduite en français celle de la Bible dans Corinthiens, Épitre aux Corinthiens, deuxième épître, 21-3-6 « La lettre tue et l’esprit vivifie » ce qui signifie à mon avis qu’il faut prendre appui sur la lettre pour s’en écarter car sa fonction est de nous mener vers l’esprit et je conclurais ici mon exposé en vous laissant méditer sur cette affirmation.

** allusion faite à la Librairie La Galerne au Havre qui nous accueillait à l’occasion de « La semaine des langues en Europe »
Conférence de Patrick Lemarié à la Librairie la Galerne au Havre en octobre 2001 à l’occasion de la quinzaine des langues en Europe.
Copyright Patrick Lemarié, Octobre 2001 & 2015″

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À propos de PATRICKLEMARIE

Consultant en Management International. Professeur Associé
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